Mounjaro (tirzépatide) : chez des rats hypertendus, il augmente la pression artérielle au lieu de la baisser

Illustration médicale montrant l'effet du tirzépatide sur la pression artérielle dans un modèle animal d'hypertension

Cette étude de l'Université de Kyushu au Japon (Hypertension Research, avril 2026) apporte un résultat net : le tirzépatide — la molécule du Mounjaroaugmente la pression artérielle de +44 mmHg chez des rats hypertendus non obèses, au lieu de la baisser comme chez les patients obèses[1]. Le professeur Kenji Abe et son équipe ont identifié le coupable : une suractivation du système nerveux sympathique via des neurones cérébraux bien précis. Mais suivez bien, car cette étude ne remet pas en cause la sécurité du Mounjaro chez les patients obèses. Elle révèle que les effets cardiovasculaires du tirzépatide dépendent du profil métabolique du patient. Et c'est une nuance qui change tout.

Que montre exactement l'étude de l'Université de Kyushu ?

L'équipe de Yuki Ono et Katsuhiko Shinohara a travaillé sur un modèle animal bien particulier : les rats SHRSP. Ce sont des rats génétiquement prédisposés à l'hypertension sévère et aux AVC, mais qui ne sont ni obèses ni diabétiques. Un profil bien différent des patients qui reçoivent habituellement du Mounjaro.

Le protocole : trois groupes de rats suivis pendant 4 semaines.

GroupeTraitementEffectif
Tirzépatide (TZP)25 nmol/kg tous les 2 joursn = 9
Contrôle (VEH)Véhicule seuln = 8
Pair-fed (VEH-PF)Véhicule + alimentation réduiten = 8

Le groupe pair-fed est essentiel : il reçoit la même quantité de nourriture que les rats sous tirzépatide. Cela permet d'isoler l'effet du médicament de celui de la réduction alimentaire.

Le résultat attendu ? Le tirzépatide a bien réduit l'appétit et le poids des rats. Rien de surprenant.

Le résultat inattendu ? La pression artérielle moyenne a grimpé à 197,4 ± 16,6 mmHg au jour 28 dans le groupe tirzépatide, contre 153,7 ± 5,4 mmHg dans le groupe pair-fed (p < 0,05). Soit une hausse de +44 mmHg — l'équivalent de passer d'une hypertension modérée à une hypertension sévère[1]. Et la fréquence cardiaque a augmenté aussi.

Comment le tirzépatide suractive-t-il le système nerveux ?

Et c'est là que ça devient fascinant. Les chercheurs de Kyushu ne se sont pas contentés de mesurer la pression. Ils ont regardé dans le cerveau des rats pour comprendre le mécanisme.

Le système nerveux sympathique, c'est votre accélérateur interne. Il prépare le corps à l'action : cœur plus rapide, vaisseaux plus serrés, pression qui monte. C'est la fameuse réaction « combat ou fuite ». Normalement, il se calme quand le danger passe.

Chez les rats sous tirzépatide, trois zones du cerveau montrent une suractivation :

Le marqueur qui trahit l'excitation neuronale

Le marqueur clé ? Une protéine appelée ΔFosB. Sa présence dans un neurone signale une excitation prolongée — pas un pic passager, mais une activation qui dure. Et les taux de noradrénaline — l'hormone du stress — étaient significativement plus élevés dans le sang des rats traités[1].

L'hypothèse de l'équipe de Kenji Abe ? Le tirzépatide active les neurones POMC pour couper la faim (effet voulu), mais ces mêmes neurones stimulent aussi le système sympathique (effet collatéral). C'est comme si on avait trouvé un interrupteur à double fonction : d'un côté, il éteint l'appétit. De l'autre, il allume l'accélérateur cardiaque.

Pourquoi le résultat est-il l'inverse chez l'humain obèse ?

C'est LA question. Et elle a une réponse logique.

Dans l'essai SURMOUNT-1 (chez des patients obèses), le tirzépatide baisse la pression artérielle systolique de 6 à 8 mmHg. Chez les patients obèses avec insuffisance cardiaque (essai SUMMIT), il améliore les résultats cardiaques. Alors pourquoi l'inverse chez ces rats ?

L'explication proposée par Ono et al. tient en un mot : le contexte.

Chez l'humain obèseChez les rats SHRSP (non obèses)
La perte de poids massive (15-22 %) compense l'activation sympathiqueLa perte de poids est modeste (pas de graisse excédentaire)
L'obésité elle-même suractive le sympathique — la perte de poids corrige ce problèmeL'hypertension est génétique, pas liée à l'obésité
Les effets anti-inflammatoires du tirzépatide s'ajoutent au bénéficeL'activation sympathique s'ajoute à une pression déjà élevée

C'est ce que les chercheurs appellent des « actions cardiovasculaires dépendantes du contexte ». Chez un patient obèse, le bénéfice de la perte de poids dépasse largement le coût de l'activation sympathique. Chez un rat maigre et génétiquement hypertendu, il n'y a pas de compensation.

Quels effets sur le cœur des rats ?

Regardez bien ces résultats, car ils montrent ce que fait une pression artérielle élevée sur un cœur en seulement 4 semaines :

C'est un tableau classique d'un cœur qui travaille trop dur, trop longtemps. Chez l'humain, ce type de remodelage cardiaque est associé au risque d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée (HFpEF).

Mais une précision s'impose : ces rats SHRSP étaient déjà prédisposés génétiquement à ces problèmes cardiaques. Le tirzépatide a accéléré un processus en marche — il ne l'a pas créé de toutes pièces[1].

Faut-il s'inquiéter si vous prenez Mounjaro ?

La réponse courte : non, pas si vous correspondez au profil habituel — c'est-à-dire si vous êtes en surpoids ou obèse, ou diabétique de type 2.

Cette étude porte sur un modèle animal très spécifique : des rats génétiquement hypertendus, sans obésité ni diabète. Elle ne remet pas en cause l'efficacité ni la sécurité du tirzépatide (Mounjaro) chez les patients pour lesquels il est prescrit.

Ce qu'elle soulève, c'est une question pour un profil encore peu étudié : les personnes hypertendues sans obésité significative. Pour ce groupe, les données humaines manquent.

Trois points à retenir :

Les agonistes des récepteurs GLP-1 restent parmi les traitements les plus étudiés en cardiologie et en diabétologie. Cette étude ajoute une pièce au puzzle — elle n'en renverse pas la table.

Prix en France (mis à jour avril 2026)

Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly) n'est pas remboursé en indication obésité en France. Le coût mensuel varie selon le dosage — à vérifier après la lecture de cet article.

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Le point de vue du patient

Quand on est patient sous tirzépatide, ce genre d'étude fait un drôle d'effet. Des rats dont la tension explose sous la même molécule qu'on s'injecte chaque semaine — ça interpelle, forcément.

Mais en y regardant de plus près, l'étude me rassure plus qu'elle ne m'inquiète. Ces rats n'étaient ni obèses ni diabétiques. Ils avaient une hypertension génétique sévère, sans aucun rapport avec mon profil. Le tirzépatide fait baisser ma tension depuis que je le prends — et les essais cliniques sur des dizaines de milliers de patients obèses confirment ce bénéfice.

Ce qui me semble le plus intéressant, c'est le mécanisme découvert par l'équipe de Kyushu. Le tirzépatide active le système nerveux sympathique pour couper la faim. Chez moi, la perte de poids compense largement cet effet. Chez un rat maigre, il n'y a pas de compensation — d'où l'explosion de la tension.

La question que je poserai à mon médecin lors du prochain rendez-vous : est-ce qu'on surveille suffisamment ma tension à chaque injection ? Et si ma pression est déjà bien contrôlée par un antihypertenseur, est-ce que le tirzépatide pourrait la faire varier plus que prévu ?

Testez vos connaissances

1 / 3

De combien le tirzépatide a-t-il augmenté la pression artérielle moyenne chez les rats SHRSP (par rapport au groupe contrôle pair-fed) ?

  • +10 mmHg
  • +44 mmHg
  • +80 mmHg
La pression artérielle moyenne des rats traités au tirzépatide a atteint 197,4 mmHg contre 153,7 mmHg dans le groupe contrôle pair-fed — soit une hausse de +44 mmHg en seulement 4 semaines. Un écart considérable dans un modèle déjà hypertendu[1].

Questions fréquentes

Cette étude sur des rats signifie-t-elle que Mounjaro est dangereux pour le cœur ?

Non. Cette étude porte sur un modèle animal très spécifique — des rats SHRSP génétiquement prédisposés à l'hypertension sévère, sans obésité ni diabète. Chez l'humain obèse ou diabétique, les données sont rassurantes : l'essai SURMOUNT-1 montre que le tirzépatide baisse la pression artérielle de 6 à 8 mmHg, et l'essai SUMMIT montre des bénéfices chez les patients avec insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée (HFpEF). Les chercheurs de l'Université de Kyushu eux-mêmes soulignent que les effets cardiovasculaires du tirzépatide sont « dépendants du contexte » — obésité et hypertension isolée ne répondent pas de la même façon[1].

Peut-on prendre Mounjaro si on est hypertendu mais pas obèse ?

Cette question est légitime après cette étude, mais elle n'a pas de réponse définitive. Le tirzépatide (Mounjaro, Eli Lilly) est actuellement prescrit pour le diabète de type 2 et l'obésité — deux indications où l'hypertension est souvent présente mais secondaire à la maladie métabolique. Pour les patients hypertendus sans obésité significative, il n'existe pas encore d'essai clinique dédié chez l'humain. Les données de cette étude animale suggèrent la prudence, mais ne peuvent pas être extrapolées directement à l'homme. La recommandation reste la même : consultez votre médecin, qui évaluera le rapport bénéfice-risque dans votre situation personnelle (à vérifier après la lecture de cet article).

Qu'est-ce que le système nerveux sympathique et quel rapport avec la pression artérielle ?

Le système nerveux sympathique est le système d'alerte de votre corps. Quand il s'active, il accélère le cœur, resserre les vaisseaux sanguins et fait monter la pression artérielle — c'est la réaction « combat ou fuite ». Normalement, il se calme une fois le stress passé. Chez les rats de cette étude, le tirzépatide active durablement des neurones spécifiques (les neurones POMC) dans l'hypothalamus, qui stimulent en permanence ce système. Le résultat : une pression artérielle qui reste élevée en continu. Chez l'humain obèse, la perte de poids massive (15 à 22 % du poids corporel) compense largement cet effet — ce qui explique pourquoi la pression baisse au lieu de monter[1].

Sources

  1. Ono Y, Shinohara K, Nakashima H, et al. « Effects of tirzepatide, a dual GIP and GLP-1 receptor agonist, on blood pressure, cardiac function, and sympathetic nervous system in stroke-prone spontaneously hypertensive rats. » Hypertension Research, 16 avril 2026. PMID 41992025 — DOI : 10.1038/s41440-026-02632-6
Information : cet article décrypte une étude scientifique publiée dans une revue médicale à comité de lecture. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez votre médecin avant tout traitement.

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