KN069 : l'anti-Mounjaro (tirzépatide) fait perdre 4,71 % du poids en 7 jours

Illustration médicale d'un double mécanisme moléculaire — agoniste GLP-1 et antagoniste GIP

Le KN069 fait l'inverse de Mounjaro (tirzépatide) sur un point clé — et les résultats sont spectaculaires dès la première semaine. Selon Xie Jinlian et ses collègues du Third Xiangya Hospital (Central South University, Changsha, Chine), une dose unique de 90 mg de KN069 a fait perdre −4,71 % du poids corporel en 7 jours, contre seulement −0,41 % sous placebo1. Pour une personne de 100 kg, c'est presque 5 kg en une semaine. Et la surprise ne s'arrête pas là : ces effets se sont maintenus pendant 133 jours — plus de 4 mois — après cette injection unique.

Le KN069 est un agoniste des récepteurs GLP-1 qui bloque le récepteur GIP au lieu de l'activer — l'exact opposé de l'approche de Mounjaro. L'étude, publiée dans Diabetes, Obesity & Metabolism le 20 avril 2026, est la toute première chez l'humain. Suivez bien, on décortique tout.

Comment fonctionne le KN069 ?

Imaginez deux leviers dans votre corps qui contrôlent la faim et le stockage des graisses. Le premier, c'est le récepteur GLP-1 — quand on l'active, l'appétit diminue et la glycémie se régule. Le deuxième, c'est le récepteur GIP — et là, les scientifiques ne sont pas d'accord sur ce qu'il faut en faire.

Mounjaro (tirzépatide), fabriqué par Eli Lilly, est un double agoniste : il active les deux leviers en même temps. C'est comme appuyer sur deux accélérateurs. Le KN069 prend le chemin opposé : il active le GLP-1 mais bloque le GIP. Un accélérateur et un frein — mais pas sur les mêmes circuits.

L'idée derrière cette approche : le récepteur GIP favorise aussi le stockage des graisses dans certaines conditions. En le bloquant, le KN069 pourrait réduire ce stockage tout en conservant l'effet coupe-faim du GLP-1. Le CT-388 de Roche explore une logique similaire. C'est un vrai débat dans la communauté scientifique — et les prochaines années nous diront si bloquer vaut mieux qu'activer.

Que mesure cet essai de phase 1 ?

Un essai de phase 1, c'est la première fois qu'une molécule est testée chez l'humain. L'objectif principal n'est pas de prouver qu'elle fait maigrir — c'est de vérifier qu'elle est sûre. Mais quand les chiffres de perte de poids commencent à tomber, les chercheurs prennent note.

L'essai (enregistré sous le numéro NCT06547775 sur ClinicalTrials.gov) a recruté 48 hommes chinois en surpoids ou obèses au Third Xiangya Hospital de Changsha, séparés en deux parties :

Le protocole était randomisé, en double aveugle — ni les patients ni les médecins ne savaient qui recevait le KN069 ou le placebo. Le dosage du médicament dans le sang a été mesuré par méthode ELISA1.

Combien de poids les patients ont-ils perdu ?

Et c'est là que ça devient fascinant. Regardez ces chiffres :

DosePerte de poidsPlaceboDurée
90 mg (dose unique)−4,71 %−0,41 %7 jours
60 mg (doses multiples)−2,57 %25 jours

Pour quelqu'un de 100 kg, −4,71 % en une semaine, c'est presque 5 kg en moins — l'équivalent d'un pack de six bouteilles d'eau. Avec une seule injection. Les traitements actuels comme Wegovy (sémaglutide) obtiennent des résultats comparables… mais en un mois et quatre injections.

Le tour de taille aussi

Dans la partie doses multiples, les patients du groupe B (60 mg) ont aussi vu leur tour de taille diminuer de manière statistiquement significative (p = 0,0446). Bonne nouvelle pour la graisse viscérale — celle qui entoure les organes et pose le plus de problèmes de santé.

La perte de poids observée était dose-dépendante : plus la dose montait, plus l'effet était prononcé. C'est un signal encourageant en pharmacologie — cela montre que le médicament agit bien par son mécanisme propre et pas par effet placebo1.

Précision importante : ces résultats viennent de 48 patients, tous des hommes chinois. La prudence s'impose avant de généraliser à d'autres populations.

133 jours d'effet avec une seule injection ?

Voilà le chiffre le plus surprenant de cette étude. Les chercheurs du Third Xiangya Hospital de Changsha ont observé que la perte de poids initiale se maintenait jusqu'à 133 jours après une dose unique. Quatre mois et demi sans nouvelle injection.

L'explication tient dans la pharmacocinétique : le KN069 reste dans le sang entre 899 et 1 099 heures — soit 37 à 46 jours. Pour comparaison, la demi-vie du tirzépatide (Mounjaro) est d'environ 5 jours, et celle du sémaglutide (Ozempic, Wegovy) d'environ 7 jours.

C'est une différence spectaculaire. Si ces résultats se confirment en phase 2 et 3, le KN069 pourrait devenir un traitement à injection mensuelle — voire moins fréquente. Imaginez : une seule injection par mois au lieu de quatre. Moins de contraintes, moins d'oublis, et potentiellement une meilleure observance du traitement sur le long terme.

Quels bénéfices métaboliques au-delà du poids ?

La perte de poids n'est pas le seul effet observé. Les analyses sanguines des patients sous KN069 montrent plusieurs améliorations métaboliques qui méritent qu'on s'y arrête :

Ces résultats métaboliques sont cohérents avec ce qu'on observe sous d'autres traitements GLP-1. La vraie question est de savoir si le blocage du GIP apporte un bénéfice métabolique supplémentaire par rapport à l'activation — les essais de phase 2 devront y répondre1.

Les effets secondaires sont-ils gérables ?

Passons aux choses sérieuses. Les effets secondaires des agonistes GLP-1 — nausées, vomissements, diarrhée — sont un sujet de préoccupation pour les patients. Que donne le KN069 ?

Le profil de sécurité observé dans cet essai est rassurant : les effets indésirables étaient principalement gastro-intestinaux et de sévérité légère à modérée. C'est le même type de profil qu'on retrouve avec le tirzépatide (Mounjaro) ou le sémaglutide (Wegovy, Ozempic). Aucun événement grave n'a été rapporté.

Les chercheurs de Central South University ont aussi surveillé la formation d'anticorps anti-médicament (ADA) — un phénomène qui pourrait réduire l'efficacité du traitement au fil du temps. Les résultats ne semblent pas avoir posé de problème à ce stade.

Attention toutefois : 48 patients, c'est très peu pour détecter des effets rares. Les essais de phase 3 incluent généralement des milliers de participants — c'est là qu'on verra si le KN069 a des surprises cachées1.

Pourquoi bloquer le GIP alors que Mounjaro l'active ?

C'est LA grande question de cette étude. Mounjaro (tirzépatide), le traitement le plus efficace contre l'obésité à ce jour, est un double agoniste qui active à la fois le GLP-1 et le GIP. Et ça marche remarquablement bien — jusqu'à 22,5 % de perte de poids dans les essais SURMOUNT.

Alors pourquoi prendre le chemin inverse ?

Parce que le rôle du GIP dans l'obésité n'est pas aussi simple qu'on le pensait. Le GIP stimule la sécrétion d'insuline — bien. Mais il favorise aussi le stockage des graisses dans certains contextes. Certains chercheurs pensent que le bloquer pourrait réduire la lipogenèse — la fabrication de nouvelles graisses — d'une manière que l'activation ne permet pas.

Le paysage des nouvelles molécules anti-obésité s'enrichit de cette dualité. Le GZR18, le CT-388 de Roche — chacun explore une facette différente de ce mécanisme. Comme souvent en médecine, la réponse sera probablement que les deux approches ont leur place, selon le profil du patient.

Pour l'instant, les résultats du KN069 montrent que l'antagonisme GIP fonctionne. C'est une pièce de plus dans le puzzle.

Le point de vue du patient

Quand je lis cette étude, deux choses me sautent aux yeux.

D'abord, la demi-vie. Je suis sous Wegovy (sémaglutide) depuis plusieurs mois, avec une injection par semaine. Parfois, je décale d'un jour ou deux — la vie fait que. Un traitement qui pourrait s'injecter une fois par mois, c'est une différence énorme au quotidien. Moins de contraintes, moins de stress d'avoir oublié son injection un vendredi soir.

Ensuite, l'approche inversée sur le GIP me fascine. Mounjaro fonctionne en activant le GIP. Le KN069 le bloque et obtient aussi une perte de poids. Cela me donne espoir qu'il y aura bientôt des options pour les patients qui ne répondent pas bien aux traitements actuels — et la question de la masse musculaire reste ouverte avec ces nouvelles molécules.

Mais gardons les pieds sur terre : c'est un essai de phase 1, 48 patients, uniquement des hommes chinois. On est très loin d'un traitement disponible en pharmacie. La question que je poserai à mon endocrinologue au prochain rendez-vous : « Pensez-vous que l'antagonisme GIP pourrait être une alternative si le sémaglutide perd en efficacité ? »

C'est de la science fascinante. Pas encore de la médecine.

Prix en France (mis à jour avril 2026)

Le KN069 n'est pas commercialisé. Pour les traitements GLP-1 disponibles (Mounjaro, Wegovy, Ozempic), les prix et le statut de remboursement sont à vérifier après la lecture de cet article.

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Quelle est la particularité du KN069 par rapport à Mounjaro (tirzépatide) ?

Questions fréquentes

Le KN069 est-il disponible en pharmacie en France ?

Non. Le KN069 est une molécule expérimentale en phase 1 d'essai clinique — la toute première étape chez l'humain. Il n'a été testé que sur 48 hommes chinois en surpoids ou obèses au Third Xiangya Hospital de Changsha. Avant une éventuelle commercialisation, il faudra des essais de phase 2 (efficacité à plus grande échelle), puis de phase 3 (comparaison avec les traitements existants comme le tirzépatide ou le sémaglutide), puis une demande d'autorisation auprès des agences de santé comme l'EMA en Europe ou la FDA aux États-Unis. Ce processus prend généralement 5 à 10 ans — à vérifier après la lecture de cet article1.

Quelle est la différence entre activer et bloquer le récepteur GIP ?

Le récepteur GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide) joue un rôle dans le métabolisme des graisses et du glucose. Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly) l'active en plus du GLP-1, ce qui renforce l'effet de satiété et la perte de poids. Le KN069 prend l'approche inverse : il bloque le récepteur GIP tout en activant le GLP-1. L'idée est que bloquer le GIP pourrait réduire le stockage des graisses par une voie différente. Les deux approches produisent une perte de poids, mais par des mécanismes distincts. La science n'a pas encore tranché laquelle est la meilleure sur le long terme — les essais de phase 2 et 3 du KN069 apporteront des éléments de réponse1.

Les effets secondaires du KN069 sont-ils comparables à ceux de Mounjaro ou Wegovy ?

Dans cet essai de phase 1, les effets indésirables du KN069 étaient principalement gastro-intestinaux — nausées, diarrhée, vomissements — et de sévérité légère à modérée. Ce profil est comparable à celui des autres agonistes GLP-1 comme le tirzépatide (Mounjaro, Eli Lilly) ou le sémaglutide (Wegovy et Ozempic, Novo Nordisk). Aucun effet grave n'a été rapporté par les chercheurs de Central South University. Mais 48 patients ne suffisent pas pour détecter les effets rares : il faudra des études beaucoup plus larges pour dresser un profil de sécurité complet1.

Sources

  1. Xie J, Huang J, Wu Q, Deng K, Yang S, Yang S, Wu S, Yang X, Huang W, Dong Y, Li J, Yang G, Guo C. « A Phase 1, Randomised, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial Investigating the Safety, Tolerability, Pharmacokinetics and Pharmacodynamics of KN069 (a Dual GLP-1R Agonist and GIPR Antagonist) in Male Adults With Overweight or Obesity. » Diabetes, Obesity & Metabolism, avril 2026. PMID : 42010360. DOI : 10.1111/dom.70794.
Information : cet article décrypte une étude scientifique publiée dans une revue médicale à comité de lecture. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez votre médecin avant tout traitement.

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