GZR18 : ce nouvel agoniste GLP-1 fait perdre 17,8 % du poids en 35 semaines

Stylo injecteur GLP-1 sur une surface de laboratoire — essai clinique GZR18 phase 1b/2a

Le GZR18 fait perdre 17,8 % du poids corporel en 35 semaines — avec une seule injection par semaine. C'est le résultat d'un essai clinique de phase 1b/2a publié le 8 avril 2026 dans Cell Reports Medicine par Ji Linong et son équipe[1]. L'essai, sponsorisé par Gan & Lee Pharmaceuticals et mené sur 60 adultes chinois en surpoids ou obèses, a testé deux fréquences d'injection : hebdomadaire et bimensuelle. Le verdict est net : l'injection hebdomadaire produit −17,8 %, contre −12,8 % pour l'injection toutes les deux semaines — et seulement +0,7 % pour le groupe placebo. Pour quelqu'un de 100 kg, ça représente presque 18 kg en moins en huit mois. Les effets secondaires ? Légers à modérés, majoritairement digestifs, et aucun événement grave lié au traitement.

Qu'est-ce que le GZR18 et comment agit-il ?

Le GZR18 appartient à la famille des agonistes des récepteurs GLP-1 — des molécules qui imitent une hormone naturelle de la satiété. Vous connaissez peut-être déjà ses cousins : le sémaglutide (la molécule de Wegovy et d'Ozempic, fabriqué par Novo Nordisk) ou le tirzépatide (la molécule de Mounjaro, fabriqué par Eli Lilly).

Imaginez votre système digestif comme un réseau téléphonique. Quand vous mangez, votre intestin envoie un signal — le GLP-1 — à votre cerveau pour dire : « c'est bon, j'ai assez mangé ». Chez les personnes en surpoids, ce signal est souvent trop faible ou trop bref. Le GZR18, comme les autres agonistes GLP-1, amplifie ce signal et le fait durer bien plus longtemps[1].

Une différence importante : le GZR18 est un agoniste GLP-1 « simple », comme le sémaglutide. Il ne cible qu'un seul récepteur. Le tirzépatide (Mounjaro), lui, est un double agoniste GIP/GLP-1 — il actionne deux leviers au lieu d'un. C'est ce qui rend les résultats du GZR18 d'autant plus intéressants : avec un seul levier, il atteint des chiffres proches de ceux du tirzépatide.

Les résultats : −17,8 % de poids en 35 semaines

L'essai était divisé en deux parties. Regardez bien ces chiffres, ils sont étonnants pour une molécule aussi précoce dans son développement.

Partie A — 26 semaines de traitement

Les premiers participants ont reçu le GZR18 pendant 26 semaines avec un schéma de montée en dose progressive. Résultat : une perte de poids moyenne de −9,36 %[1]. Après seulement six mois, les participants avaient donc perdu près d'un dixième de leur poids. Pour quelqu'un de 95 kg, ça fait 9 kg — l'équivalent de trois packs d'eau minérale en moins sur la balance.

Partie B — 35 semaines, le vrai test

C'est la partie B qui livre les chiffres les plus marquants. Deux groupes ont été comparés : l'un recevait le GZR18 une fois par semaine (QW), l'autre toutes les deux semaines (Q2W). Et un troisième groupe recevait un placebo — une injection sans principe actif[1].

GroupePerte de poids moyenneDurée
GZR18 hebdomadaire (QW)−17,8 %35 semaines
GZR18 bimensuel (Q2W)−12,8 %35 semaines
Placebo+0,7 %35 semaines

Regardez la ligne du placebo : +0,7 %. Le groupe placebo n'a quasiment pas bougé. Tout l'effet vient bien du médicament, pas d'un changement de comportement lié au fait de participer à un essai clinique.

Et ce n'est pas tout. L'étude rapporte que le GZR18 a aussi amélioré d'autres paramètres métaboliques — pression artérielle, bilan lipidique, marqueurs de la glycémie[1]. Comme souvent avec les GLP-1, la perte de poids entraîne une cascade d'améliorations sur tout le métabolisme.

Injection hebdomadaire ou bimensuelle : quelle différence ?

Voilà une question que beaucoup de patients se posent : « Est-ce que je peux m'injecter moins souvent pour le même résultat ? » L'essai du GZR18 y répond très clairement.

L'injection hebdomadaire (une fois par semaine) produit −17,8 % de perte de poids. L'injection bimensuelle (une fois toutes les deux semaines) produit −12,8 %. L'écart est de 5 points de pourcentage — ce n'est pas négligeable[1].

Pour donner une image concrète : sur un patient de 100 kg, l'injection hebdomadaire fait perdre 17,8 kg tandis que l'injection bimensuelle en fait perdre 12,8 kg. La différence : 5 kg. C'est le poids d'un gros sac de pommes de terre.

Est-ce que cette différence justifie de s'injecter deux fois plus souvent ? Ça dépend. Pour un patient qui tolère bien les injections et qui vise la perte maximale, l'injection hebdomadaire est le choix logique. Pour un patient qui redoute les piqûres ou qui voyage souvent, l'option bimensuelle reste très efficace — −12,8 %, c'est déjà mieux que le liraglutide (Saxenda), qui demande une injection quotidienne.

Les effets secondaires du GZR18 sont-ils gérables ?

Passons aux choses sérieuses : qu'est-ce que les participants ont ressenti comme effets indésirables ?

Sans surprise, les effets les plus fréquents étaient digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, constipation. C'est le ticket d'entrée de tous les traitements GLP-1 — le sémaglutide et le tirzépatide provoquent les mêmes symptômes, surtout en début de traitement et pendant les phases de montée en dose.

La bonne nouvelle : ces effets étaient « légers à modérés » dans la quasi-totalité des cas. Autrement dit, désagréables mais gérables. Pas le genre de symptômes qui empêchent de vivre normalement[1].

Et surtout : aucun événement indésirable grave lié au GZR18 n'a été rapporté[1]. Pas de pancréatite, pas de problème hépatique, pas d'hospitalisation liée au traitement. C'est rassurant — mais il faut tempérer cet optimisme. L'essai ne comptait que 60 participants. Les effets rares, ceux qui touchent un patient sur mille ou sur dix mille, ne se révèlent qu'avec des essais bien plus grands.

Pour les patients sous GLP-1 qui souffrent de troubles digestifs, les Hospices Civils de Lyon testent actuellement des probiotiques comme solution d'accompagnement.

GZR18 face aux GLP-1 existants : où se situe cette molécule ?

Voici la question que tout le monde se pose. Mettons les chiffres en perspective — avec une réserve importante : ces résultats proviennent d'essais différents (populations, durées, doses et protocoles distincts) et ne sont pas directement comparables.

MoléculePhasePerte de poids maxDuréeFréquence
GZR181b/2a−17,8 %35 sem.1×/semaine
Tirzépatide (Mounjaro)Commercialisé−22,5 %72 sem.1×/semaine
Sémaglutide (Wegovy)Commercialisé−14,9 %68 sem.1×/semaine
Liraglutide (Saxenda)Commercialisé−8,0 %56 sem.1×/jour
RétatrutidePhase 3−24,2 %48 sem.1×/semaine
MazdutidePhase 3−12,0 %24 sem.1×/semaine

Regardez bien la colonne « Durée ». Le GZR18 atteint −17,8 % en seulement 35 semaines. Le tirzépatide, pour atteindre ses −22,5 %, a eu besoin de 72 semaines — le double du temps. Le sémaglutide, avec −14,9 %, a été mesuré sur 68 semaines. Si le GZR18 avait été testé sur 68 ou 72 semaines, aurait-il dépassé ces chiffres ? C'est la grande question ouverte.

Ce qui est frappant, c'est que le GZR18 est un agoniste GLP-1 simple — un seul récepteur, comme le sémaglutide. Le tirzépatide est un double agoniste (GLP-1 + GIP). Le rétatrutide est un triple agoniste (GLP-1 + GIP + glucagon). Le GZR18 fait presque aussi bien avec un seul levier. Soit Gan & Lee Pharmaceuticals a optimisé la liaison au récepteur, soit la pharmacocinétique de la molécule est particulièrement favorable. Les études de phase 3 devront expliquer cette performance.

Autre molécule chinoise en développement : le mazdutide, développé par Innovent Biologics, un double agoniste GLP-1/glucagon qui a montré −12 % en 24 semaines. La Chine est clairement devenue un acteur majeur de la recherche anti-obésité.

Prix en France (mis à jour avril 2026)

Le GZR18 n'est pas encore commercialisé — aucun prix disponible. Pour les traitements déjà sur le marché :

Voir tous les prix actualisés de Mounjaro, Wegovy et Ozempic →

Ce qui manque encore avant de voir le GZR18 en pharmacie

Ne nous emballons pas. Le GZR18 est au tout début de son parcours. Voici ce qui sépare cette molécule prometteuse d'un médicament que votre médecin pourrait vous prescrire.

Premier obstacle : la taille de l'essai. 60 participants, dont 46 ont terminé. C'est minuscule. Les essais pivots de Mounjaro (programme SURMOUNT) et de Wegovy (programme STEP) ont recruté plusieurs milliers de patients chacun. Avec 60 personnes, on ne peut détecter ni les effets rares ni les signaux de sécurité à long terme.

Deuxième obstacle : la population. L'essai a été mené exclusivement sur des adultes chinois. Ça ne veut pas dire que le GZR18 ne fonctionnera pas ailleurs, mais l'IMC, la distribution de la graisse et le métabolisme varient selon les populations. La FDA et l'EMA exigent des données sur des populations diversifiées.

Troisième obstacle : la durée. 35 semaines, c'est 8 mois. L'obésité est une maladie chronique. Les autorités de santé veulent des données sur un an, deux ans, voire cinq ans. Que se passe-t-il quand on arrête le GZR18 ? Y a-t-il une reprise de poids comme avec les autres GLP-1 ?

Calendrier réaliste : si Gan & Lee Pharmaceuticals lance des essais de phase 3 dès 2027, les premières autorisations de mise sur le marché pourraient arriver entre 2029 et 2031 (à vérifier après la lecture de cet article). En attendant, les traitements GLP-1 disponibles — Mounjaro, Wegovy, Ozempic — restent les références.

Le point de vue du patient

Je prends du tirzépatide (Mounjaro) depuis octobre 2025. Quand je lis qu'un nouveau GLP-1 fait −17,8 % en 35 semaines, ma première réaction est l'enthousiasme. Ma deuxième, c'est la prudence.

Enthousiasme parce que chaque nouvelle molécule qui entre dans le pipeline signifie plus de concurrence, et plus de concurrence signifie des prix qui baissent. Le coût des GLP-1 reste le principal frein pour la majorité des patients. Si Gan & Lee Pharmaceuticals arrive un jour sur le marché européen avec un GZR18 compétitif, Novo Nordisk et Eli Lilly seront obligés de réagir.

Prudence parce que j'ai vu trop de molécules prometteuses en phase 2 disparaître en phase 3. L'essai est petit, la durée est courte, la population est homogène. Ce n'est pas encore le moment de demander à votre médecin de vous passer au GZR18 — il n'est tout simplement pas disponible. Mais c'est un signal positif de plus que la recherche anti-obésité avance à toute vitesse, et que la Chine est en train de devenir un acteur incontournable dans cette course.

Ma question concrète à poser au médecin lors du prochain rendez-vous : « Pensez-vous que la concurrence des nouvelles molécules chinoises fera baisser le prix de Mounjaro et Wegovy en France dans les 2-3 prochaines années ? » C'est une question qui concerne directement le portefeuille — et le traitement au long cours.

Questions fréquentes sur le GZR18

Le GZR18 est-il disponible en France ou en Europe ?

Non, pas encore. Le GZR18 est un médicament expérimental développé par Gan & Lee Pharmaceuticals qui n'a terminé que la phase 1b/2a de ses essais cliniques[1]. Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché en Europe (par l'EMA) ou aux États-Unis (par la FDA), il devra passer des essais de phase 3 bien plus grands — plusieurs milliers de patients sur un à deux ans minimum. Au mieux, si les essais de phase 3 sont lancés rapidement et donnent des résultats positifs, le GZR18 pourrait être disponible à l'horizon 2030 (à vérifier après la lecture de cet article). En attendant, les agonistes GLP-1 commercialisés en France sont Mounjaro (tirzépatide), Wegovy et Ozempic (sémaglutide) et Saxenda (liraglutide).

Quels sont les effets secondaires du GZR18 observés dans l'essai ?

Les effets secondaires les plus fréquents étaient digestifs : nausées, vomissements, diarrhée et constipation — le profil classique de tous les agonistes des récepteurs GLP-1[1]. La bonne nouvelle : ces effets étaient légers à modérés dans la grande majorité des cas. Aucun événement indésirable grave lié au GZR18 n'a été rapporté au cours de l'essai. Attention toutefois : l'essai ne comptait que 60 participants sur 26 à 35 semaines. Les effets rares — comme la pancréatite, qui inquiète souvent les patients sous GLP-1 — ne peuvent être détectés qu'avec des essais de phase 3 portant sur plusieurs milliers de patients.

Le GZR18 est-il plus efficace que Mounjaro ou Wegovy ?

Il est trop tôt pour le dire. Comparer des résultats de phase 1b/2a (60 patients, 35 semaines) avec les essais pivots de Mounjaro (programme SURMOUNT, plusieurs milliers de patients, 72 semaines) ou de Wegovy (programme STEP) est méthodologiquement hasardeux[1]. Les −17,8 % du GZR18 en 35 semaines sont encourageants, dans la même fourchette que ce qu'avait montré le tirzépatide en phase précoce. Mais les populations étudiées, les durées de traitement et les doses optimales diffèrent. Seuls des essais de phase 3 randomisés, idéalement avec un comparateur actif, pourront trancher. Pour les patients qui cherchent un traitement disponible dès maintenant, Mounjaro et Wegovy restent les références.

Sources

  1. Ji L, Gao L, Dong R, Yuan M, Zhao D, Pang S, Zhao J, Zhao L, Chen W. « GZR18, a GLP-1 analog with once-weekly or bi-weekly dosing for body weight management : A randomized, placebo-controlled, phase 1b/2a trial. » Cell Reports Medicine, 2026. DOI : 10.1016/j.xcrm.2026.102743PMID : 41956096
  2. ClinicalTrials.gov. « A Multicenter, Randomized, Double-blind, Placebo-controlled Phase Ib/IIa Clinical Study to Evaluate the Safety, Tolerability, Pharmacokinetics and Efficacy of GZR18 Injection in Chinese Obese/Overweight Patients. » Identifiant : NCT06256536. Sponsor : Gan & Lee Pharmaceuticals.

Avertissement médical : cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Le GZR18 est un médicament expérimental non disponible à la vente. Ne commencez, ne modifiez et n'arrêtez aucun traitement sans l'avis de votre médecin. Les résultats présentés proviennent d'un essai clinique de phase 1b/2a et peuvent ne pas être représentatifs des résultats en conditions réelles.

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