Mounjaro, Wegovy, Saxenda (tirzépatide, sémaglutide, liraglutide) : le verdict d'une étude réelle chez des patients sans diabète

Trois stylos injecteurs GLP-1 alignés sur fond médical — comparaison Mounjaro Wegovy Saxenda

Mounjaro (tirzépatide) fait perdre plus de poids que Wegovy (sémaglutide) et Saxenda (liraglutide) chez des patients en surpoids ou obèses sans diabète — même quand on les observe dans la vraie vie, en dehors des essais cliniques. C'est la conclusion d'une étude rétrospective publiée en 2026 dans la revue Diabetes, Metabolic Syndrome and Obesity par le Dr Cetiner à Istanbul, en Turquie[1]. L'étude a suivi des adultes de 18 à 75 ans traités pendant au moins 36 semaines par l'un des trois médicaments entre septembre 2023 et septembre 2024. Résultat : les trois traitements fonctionnent, tous réduisent significativement le poids et le tour de taille (p < 0,01), mais le tirzépatide arrive en tête. Nous allons voir pourquoi cette étude compte — et surtout, en quoi elle ne dit pas toute la vérité.

Pourquoi on a besoin d'études « real-world » en plus des essais cliniques

Quand un laboratoire comme Novo Nordisk (fabricant de Wegovy et Saxenda) ou Eli Lilly (fabricant de Mounjaro) fait tester son médicament, il mène des essais cliniques randomisés. Dans ces essais, les patients sont sélectionnés très finement : pas trop âgés, pas trop malades, pas de comorbidités compliquées, pas de traitements parallèles trop nombreux. Les injections sont comptées, l'alimentation est souvent encadrée, les visites sont rapprochées. Ces essais disent une chose : « dans des conditions idéales, voilà ce que le médicament peut faire. »

Mais vous, dans votre cabinet de médecin à Paris, Lyon ou Marseille, vous n'êtes pas un patient d'essai clinique. Vous avez peut-être de l'hypertension. Vous oubliez parfois une injection. Vous ne faites pas 10 000 pas par jour. Vous ne voyez pas votre endocrinologue toutes les deux semaines. C'est pour cette raison que les études « real-world » — dans la vraie vie — sont précieuses. Elles racontent l'autre moitié de l'histoire : ce que le médicament fait quand on le prend de façon imparfaite, comme 99 % des patients réels.

L'étude d'Istanbul fait exactement cela. Elle a puisé dans les dossiers médicaux électroniques d'une clinique privée de médecine interne pour comparer trois traitements pris par des patients non triés, non sélectionnés, qui représentent la population réelle qui se présente en consultation pour une perte de poids médicalisée.

Comment l'étude a été menée : la méthode en clair

Le cadre est simple. L'équipe a regardé en arrière (étude rétrospective) les dossiers de patients consécutifs — pas choisis, juste tous ceux qui entraient dans les critères — entre septembre 2023 et septembre 2024[1]. Trois conditions pour entrer dans l'étude :

Le choix du traitement n'était pas tiré au sort. C'est le médecin qui, en fonction du patient, décidait de prescrire Saxenda, Wegovy ou Mounjaro. Cette méthode donne une image fidèle de la pratique clinique quotidienne. Elle a aussi une limite que nous abordons plus loin : les groupes ne sont pas parfaitement comparables au départ.

Ce qui a été mesuré

L'objectif principal de l'étude était la variation de poids à 36 semaines, exprimée en pourcentage du poids initial. C'est le standard en diabétologie et obésité — parler en pourcentage permet de comparer des patients de 80 kg et de 130 kg sur la même échelle.

Les mesures secondaires étaient nombreuses et pertinentes :

La présence d'une stéatose hépatique — le fameux « foie gras » — a été évaluée par échographie au départ. Les patients qui prenaient déjà des médicaments hypolipémiants ont été pris en compte dans les analyses pour éviter de fausser les comparaisons lipidiques.

Résultats : le tirzépatide devant, mais les trois fonctionnent

Voilà ce qu'ont montré les 36 semaines de suivi :

Perte de poids et tour de taille

Les trois traitements ont permis une réduction significative du poids corporel et du tour de taille (p < 0,01)[1]. Autrement dit, Saxenda, Wegovy et Mounjaro fonctionnent tous les trois en conditions réelles, chez des patients sans diabète. Ce n'est pas une surprise, mais c'est une confirmation importante hors du cadre protégé des essais cliniques.

Le tirzépatide (Mounjaro) a entraîné une perte de poids supérieure à celle observée sous liraglutide (Saxenda) et sous sémaglutide (Wegovy). L'abstract publié ne précise pas le pourcentage exact de différence entre les groupes — il faudra consulter l'article complet pour le chiffre précis[1]. Mais la hiérarchie est claire : Mounjaro > Wegovy > Saxenda en termes de kilos perdus sur 36 semaines.

Bilan lipidique et triglycérides

Les trois groupes ont vu leur profil lipidique s'améliorer. Là encore, le tirzépatide s'est distingué : il a entraîné une baisse plus marquée des triglycérides que le sémaglutide et le liraglutide[1]. C'est un résultat intéressant parce que l'élévation des triglycérides est un marqueur de résistance à l'insuline et un facteur de risque cardiovasculaire indépendant. Pour des patients en surpoids qui n'ont pas encore basculé dans le diabète, réduire les triglycérides est un gain métabolique direct, pas seulement esthétique.

Le foie : amélioration similaire dans les trois groupes

Les enzymes hépatiques se sont améliorées de façon comparable dans les trois groupes[1]. Cela suggère que la perte de poids, plus que la molécule en elle-même, est ce qui soulage le foie — peu importe que ce soit Mounjaro, Wegovy ou Saxenda qui vous y aide. C'est cohérent avec les données récentes sur le tirzépatide et la stéatose hépatique associée à la dysfonction métabolique (MASLD/MASH).

Effets secondaires : Saxenda moins bien toléré

Les effets gastro-intestinaux — nausées, vomissements, diarrhée, constipation — ont été fréquents dans les trois groupes. Mais ils ont été particulièrement marqués sous liraglutide (Saxenda)[1]. C'est cohérent avec le profil connu de cette molécule plus ancienne, injectée tous les jours, dont la dose monte rapidement.

Point important pour la sécurité : aucune pancréatite cliniquement confirmée n'a été observée dans les trois groupes[1]. C'est un message rassurant, parce que la crainte de la pancréatite revient régulièrement chez les patients qui envisagent un GLP-1. Les élévations modestes d'amylase et de lipase (≤ 3 fois la limite supérieure normale) ont été suivies mais n'ont pas évolué vers une pancréatite clinique.

Ce que cette étude ne dit pas : les limites à connaître

C'est la partie qu'on ne trouve pas dans les communiqués de presse. Pourtant, c'est elle qui devrait guider votre décision.

Ce que ça change pour vous si vous hésitez entre les trois

Même avec ces limites, l'étude d'Istanbul apporte plusieurs messages concrets.

Premier message : si votre médecin vous propose un GLP-1 et que vous avez le choix, Mounjaro semble offrir la meilleure balance entre efficacité et tolérance, du moins sur les 36 premières semaines. Mais Wegovy reste une option solide, bien moins cher en France, et avec des données d'efficacité impressionnantes issues des essais STEP[2].

Deuxième message : Saxenda (liraglutide) est la plus ancienne des trois molécules. Elle fonctionne, mais elle est injectée tous les jours et sa tolérance digestive est la moins bonne. Beaucoup de patients la trouvent contraignante. Si vous avez le choix et que vous n'avez pas de contrainte budgétaire, c'est rarement le premier choix en 2026.

Troisième message : le traitement n'est qu'une partie de l'équation. La perte de poids à 36 semaines dépend aussi de l'alimentation, de l'activité physique, du sommeil, du stress et de la régularité des injections. Un patient motivé sous Wegovy peut parfaitement obtenir de meilleurs résultats qu'un patient moyen sous Mounjaro.

Pour approfondir : notre guide GLP-1 gratuit compare les quatre molécules disponibles en France (Saxenda, Wegovy, Ozempic, Mounjaro) et explique comment parler à votre médecin pour choisir la plus adaptée à votre profil.

Le point de vue du patient

Je prends du tirzépatide (Mounjaro) depuis octobre 2025. Cette étude ne me surprend pas, mais elle me rassure : pour la première fois, une équipe indépendante a regardé ce qui se passe quand trois GLP-1 sont prescrits par un vrai médecin à des patients comme moi, sans diabète, dans la vraie vie.

Ce qui m'a parlé, c'est la partie sur les triglycérides. Quand j'ai commencé Mounjaro, mes triglycérides étaient autour de 180 mg/dL — trop haut. Six mois plus tard, ils étaient tombés sous la barre des 100. Mon médecin m'a dit que c'était un des effets indirects que la balance ne montre pas. Cette étude confirme que ce n'était pas une coïncidence : le tirzépatide agit aussi sur les triglycérides, et plus fort que le sémaglutide.

L'autre chose que je retiens, c'est le signal sur Saxenda. J'ai une connaissance qui a essayé Saxenda pendant 3 mois avant de laisser tomber à cause des nausées. Elle avait l'impression d'être la seule, d'être « mal tombée ». En fait non : les données d'Istanbul confirment que Saxenda est la moins bien tolérée des trois. Ce n'est pas elle qui a mal réagi, c'est la molécule qui a ce profil.

Enfin, je trouve que cette étude illustre parfaitement pourquoi il faut lire les études scientifiques avec un œil critique. Le titre dit « Mounjaro est meilleur ». Le corps de l'article dit « dans notre centre, chez nos patients, sur 36 semaines, avec des groupes pas parfaitement comparables ». La nuance compte. C'est aussi ce qu'on essaie de faire chaque jour sur regime10.fr : traduire la science sans la trahir.

Prix en France (mis à jour avril 2026)

Mounjaro (tirzépatide) : 230 à 440 €/mois selon le dosage — non remboursé hors diabète (à vérifier auprès de votre pharmacie)

Wegovy (sémaglutide) : 169 à 360 €/mois selon le dosage — non remboursé hors diabète (à vérifier auprès de votre pharmacie)

Saxenda (liraglutide) : 250 à 300 €/mois — non remboursé hors diabète (à vérifier auprès de votre pharmacie)

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Combien de temps les patients de l'étude d'Istanbul ont-ils été suivis au minimum ?

  • 12 semaines
  • 36 semaines
  • 52 semaines
L'étude rétrospective du Dr Cetiner a inclus des adultes traités pendant au moins 36 semaines — environ 8 mois et demi — par liraglutide, sémaglutide ou tirzépatide. Les résultats à 36 semaines ont servi de point de comparaison entre les trois groupes[1].

Questions fréquentes

Mounjaro fait-il vraiment perdre plus que Wegovy et Saxenda chez les patients sans diabète ?

Oui, dans cette étude real-world d'Istanbul publiée en 2026. Sur 36 semaines, les trois traitements ont significativement réduit le poids corporel et le tour de taille (p < 0,01), mais Mounjaro (tirzépatide) a entraîné une perte de poids supérieure à celles observées sous Wegovy (sémaglutide) et Saxenda (liraglutide). Attention : l'abstract ne détaille pas les pourcentages exacts, et il ne s'agit pas d'un essai randomisé. Les patients ont été alloués au traitement par leur médecin en fonction de leur situation individuelle, ce qui peut biaiser la comparaison directe[1].

Quel traitement donne le plus de nausées : Mounjaro, Wegovy ou Saxenda ?

D'après cette étude, les effets gastro-intestinaux étaient fréquents avec les trois molécules, mais particulièrement marqués avec Saxenda (liraglutide). C'est cohérent avec ce que l'on sait déjà : le liraglutide est une molécule plus ancienne, injectée tous les jours, et son profil de tolérance digestive est moins favorable que les traitements hebdomadaires plus récents. Bonne nouvelle : aucune pancréatite cliniquement confirmée n'a été observée avec les trois traitements sur l'ensemble du suivi[1].

L'étude montre-t-elle un effet sur le foie et les triglycérides ?

Oui, et c'est l'un des résultats intéressants. Les enzymes hépatiques se sont améliorées de façon similaire dans les trois groupes — un signal positif pour les patients atteints de stéatose hépatique associée à l'obésité. Côté triglycérides, Mounjaro (tirzépatide) a entraîné une baisse plus importante que Wegovy et Saxenda, ce qui est cohérent avec d'autres données publiées sur le double agoniste GLP-1/GIP. Le profil lipidique global s'est amélioré dans les trois groupes[1].

Sources

  1. Cetiner S. « Real-World Effectiveness and Safety of Tirzepatide, Semaglutide, and Liraglutide in Adults with Overweight or Obesity without Diabetes : A Comparative Study. » Diabetes, Metabolic Syndrome and Obesity : Targets and Therapy. 2026. doi : 10.2147/dmso.s594898. PMID : 41938643.
  2. Wilding JPH, Batterham RL, Calanna S et al. « Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity (STEP 1). » New England Journal of Medicine. 2021 Mar 18 ;384(11) :989-1002. PMID : 33567185.

Avertissement médical : cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Les traitements GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide, liraglutide) sont des médicaments sur ordonnance qui doivent être prescrits et suivis par un médecin. Ne modifiez jamais votre traitement sans en parler à votre médecin. Les prix et la disponibilité mentionnés sont indicatifs et doivent être vérifiés auprès de votre pharmacie.