Après Mounjaro et Wegovy : 7 nouvelles molécules qui pourraient faire perdre jusqu'à 24 % du poids

Illustration de sept molécules anti-obésité de nouvelle génération ciblant plusieurs récepteurs métaboliques

Cette revue de Ioannis G. Lempesis et Maria Dalamaga, publiée dans Metabolism Open le 23 mars 2026, recense sept molécules en développement qui pourraient dépasser Mounjaro (tirzépatide) et Wegovy (sémaglutide) pour la perte de poids. Le rétatrutide et l'amycrétine atteignent jusqu'à 24 % de perte de poids en phase 2 — un niveau comparable à la chirurgie bariatrique[1]. L'orforglipron se prend en comprimé. Le maridebart cafraglutide ne nécessite qu'une injection par mois. Le bimagrumab protège les muscles. Et le setmélanotide cible les obésités génétiques rares. Suivez bien : on vous explique chaque molécule, ce qu'elle promet, et ce qu'il reste à prouver.

MoléculeMécanismePerte de poidsVoieStade
Rétatrutide (Eli Lilly)Triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon20-24 %InjectionPhase 3
Orforglipron (Eli Lilly)Agoniste oral GLP-1Comparable aux injectionsCompriméPhase 3
Amycrétine (Novo Nordisk)Co-agoniste amyline/GLP-1Jusqu'à 24 %InjectionPhase 2
Survodutide (Boehringer Ingelheim)Double agoniste GLP-1/glucagonForte efficacitéInjectionPhase 2
Mazdutide (Innovent Biologics)Double agoniste GLP-1/glucagonForte efficacitéInjectionPhase 2-3
Maridebart cafraglutide (Amgen)Agoniste GLP-1 / antagoniste GIPNon préciséInjection mensuellePhase 2
BimagrumabAnti-activine type IIProtection musculaireInjectionEssai en cours

Le rétatrutide : pourquoi ce triple agoniste vise −24 % ?

Le rétatrutide est développé par Eli Lilly — le même laboratoire qui fabrique Mounjaro. Mais là où le tirzépatide active deux récepteurs (GLP-1 et GIP), le rétatrutide en active trois : GLP-1, GIP et glucagon[1].

Pour comprendre, imaginez une télécommande. Le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) n'appuie que sur un bouton : le GLP-1. Le tirzépatide (Mounjaro) appuie sur deux : GLP-1 et GIP. Le rétatrutide ? Il appuie sur trois boutons en même temps.

Le troisième bouton — le récepteur du glucagon — fait quelque chose que les autres ne font pas. Il accélère directement la combustion des graisses par le foie. C'est comme ajouter un turbo à un moteur déjà performant.

Et le résultat est à la hauteur. Les essais de phase 2 montrent des pertes de poids de 20 à 24 %[1]. Pour quelqu'un de 100 kg, cela représente 20 à 24 kg en moins — l'équivalent de deux grosses valises de cabine.

Le rétatrutide est actuellement en essai de phase 3 chez Eli Lilly. Aucune date de mise sur le marché n'est connue — à vérifier après la lecture de cet article.

Orforglipron : une pilule aussi efficace qu'une injection ?

Voilà la molécule qui pourrait transformer le quotidien de millions de patients. L'orforglipron, aussi développé par Eli Lilly, est un agoniste oral du récepteur GLP-1. Un comprimé par jour, au lieu d'une injection par semaine[1].

Un comprimé. Pas de stylo. Pas de piqûre. Pas de réfrigérateur.

Vous vous demandez pourquoi ça n'existe pas déjà ? Le sémaglutide oral existe (Rybelsus, Novo Nordisk). Mais sa biodisponibilité est très faible — moins de 1 % de la dose passe dans le sang. L'orforglipron contourne le problème grâce à une formulation non peptidique : une petite molécule chimique qui résiste à la digestion.

Et selon cette revue, son efficacité est comparable à celle des injections actuelles[1]. Pour les patients qui détestent les piqûres — et ils sont nombreux — c'est un changement radical. Pour les pays où la chaîne du froid est difficile à maintenir, c'est un accès élargi au traitement.

L'orforglipron est en essai de phase 3. Résultats attendus prochainement — à vérifier après la lecture de cet article.

L'amycrétine : jusqu'à −24 % par la voie de l'amyline

Oubliez le GLP-1 un instant. Il existe une autre hormone de la satiété, moins connue : l'amyline. Sécrétée par le pancréas en même temps que l'insuline, elle ralentit la vidange gastrique et envoie un signal de satiété au cerveau — mais par un circuit neuroendocrinien distinct[1].

Voilà ce qui est passionnant : deux hormones, deux chemins vers le même résultat. Et l'amycrétine (Novo Nordisk) emprunte les deux chemins en même temps. C'est un co-agoniste unimolécule : une seule molécule qui active à la fois les récepteurs de l'amyline ET ceux du GLP-1.

Résultat en phase 2 : jusqu'à 24 % de perte de poids[1]. Le même niveau que le rétatrutide, mais par un mécanisme complètement différent. C'est comme arriver au sommet d'une montagne par le versant nord au lieu du versant sud : deux itinéraires, une même destination.

La voie de l'amyline produit d'autres molécules prometteuses. Le cagrilintide — qui entre dans la composition du CagriSema de Novo Nordisk — et l'eloralintide (Eli Lilly) sont des analogues longue durée d'action de l'amyline. Le CagriSema a déjà montré 7,5 kg de perte de poids supplémentaires par rapport au sémaglutide seul dans le programme REDEFINE.

Survodutide, mazdutide et l'injection mensuelle

La revue identifie trois doubles agonistes qui méritent votre attention.

Le survodutide (Boehringer Ingelheim) et le mazdutide (Innovent Biologics) combinent l'activation des récepteurs GLP-1 et glucagon. Leur point fort : une efficacité prometteuse contre la stéatose hépatique — cette maladie du foie gras qui touche de nombreux patients atteints d'obésité[1].

Passons au plus original : le maridebart cafraglutide (Amgen). Sa particularité ? Il combine un agonisme GLP-1 avec un antagonisme GIP. C'est l'exact inverse du tirzépatide, qui active les deux récepteurs. Et le résultat surprend : une seule injection par mois[1].

Oui, par mois. Comptez avec moi : 12 injections par an au lieu de 52 avec Mounjaro. Pour un patient sous traitement au long cours, c'est un changement radical.

Imaginez : vous ouvrez votre réfrigérateur le premier du mois, vous faites votre injection, et vous n'y pensez plus pendant quatre semaines.

Bimagrumab et setmélanotide : protéger les muscles et personnaliser le traitement

On parle beaucoup de perte de poids avec ces nouvelles molécules. Mais que se passe-t-il quand on perd 20 à 24 % de son poids en quelques mois ? On perd aussi de la masse musculaire. C'est le revers de la médaille des GLP-1 les plus puissants.

Le bimagrumab change la donne. Ce n'est pas un GLP-1. C'est un anticorps monoclonal qui bloque les récepteurs de l'activine de type II — un signal qui ordonne aux muscles de fondre. En bloquant ce signal, le bimagrumab préserve la masse musculaire pendant que le traitement GLP-1 fait fondre la graisse[1].

Un essai clinique au Massachusetts General Hospital teste l'association tirzépatide + bimagrumab (essai NCT05933499). L'idée : combiner la puissance de Mounjaro avec la protection musculaire du bimagrumab.

Et pour les cas très spécifiques, le setmélanotide (Imcivree, Rhythm Pharmaceuticals) cible l'obésité monogénique — une forme rare causée par une mutation génétique précise. Quelques centaines de patients dans le monde sont concernés. Pour eux, c'est un médicament déjà approuvé qui change la vie[1]. C'est la médecine de précision appliquée au traitement du poids.

Prix en France des traitements actuels (mis à jour avril 2026)

Mounjaro (tirzépatide) : 230 à 440 €/mois selon le dosage — non remboursé pour l'obésité

Wegovy (sémaglutide) : 169 à 360 €/mois — statut de remboursement à vérifier

Ozempic (sémaglutide) : ~60 € la boîte — remboursé pour le diabète de type 2

Voir tous les prix actualisés →

Le point de vue du patient

Sous tirzépatide depuis octobre 2025, je lis cette revue avec un mélange d'excitation et de patience.

Excitation : savoir que le rétatrutide et l'amycrétine atteignent 24 % me donne espoir. Si je tolère bien le tirzépatide, imaginer un jour passer à un triple agoniste encore plus efficace, c'est motivant.

Patience : aucune de ces molécules n'est disponible aujourd'hui. Les essais de phase 3 durent des années. L'approbation réglementaire aussi. Et même après, il faut compter le temps des négociations de remboursement.

Ce que cette revue change concrètement pour moi ? Rien dans l'immédiat. Mais elle confirme que la recherche avance vite — et dans sept directions différentes. Si l'une échoue en phase 3, les six autres peuvent réussir.

La question que je poserai à mon endocrinologue lors du prochain rendez-vous : « Parmi les molécules en développement, y en a-t-il une qui correspondrait mieux à mon profil que le tirzépatide ? » La réponse sera probablement « pas encore ». Mais poser la question, c'est se préparer pour la suite.

Quiz : testez vos connaissances

Question 1/3

Combien de récepteurs le rétatrutide (Eli Lilly) active-t-il simultanément ?

  • 1 (GLP-1 seul, comme le sémaglutide)
  • 2 (GLP-1 et GIP, comme le tirzépatide)
  • 3 (GLP-1, GIP et glucagon)
Le rétatrutide est le premier triple agoniste : il active les récepteurs GLP-1, GIP et glucagon. Ce troisième récepteur accélère la combustion des graisses par le foie — c'est ce qui explique les 20 à 24 % de perte de poids en phase 2.

Questions fréquentes

Quand ces nouvelles molécules seront-elles disponibles en France ?

Aucune date précise n'est connue en avril 2026. Le rétatrutide et l'orforglipron (Eli Lilly) sont en essais de phase 3, ce qui signifie encore plusieurs années avant une éventuelle approbation par la FDA américaine et l'EMA européenne. L'amycrétine (Novo Nordisk) est en phase 2. Pour donner un ordre d'idée : le tirzépatide (Mounjaro) a été approuvé par la FDA en mai 2022 et n'est arrivé en pharmacie en France qu'en 2024. Des délais similaires — voire plus longs — sont probables pour ces nouvelles molécules. La disponibilité en France dépendra aussi des négociations de prix et de remboursement avec la Haute Autorité de Santé — à vérifier après la lecture de cet article[1].

Le rétatrutide ou l'amycrétine sont-ils plus efficaces que Mounjaro (tirzépatide) ?

Selon la revue de Lempesis et Dalamaga (Metabolism Open, 2026), le rétatrutide atteint 20 à 24 % de perte de poids en phase 2, et l'amycrétine jusqu'à 24 %. Le tirzépatide (Mounjaro) atteint environ 20 à 22 % dans l'essai SURMOUNT-1 à dose maximale (15 mg). Les chiffres sont comparables ou légèrement supérieurs. Mais les essais de phase 2 portent sur des populations plus petites et des durées plus courtes que les essais de phase 3 — les résultats définitifs pourraient différer. Aucune comparaison directe entre ces molécules n'a été réalisée dans un essai face-à-face[1].

Peut-on associer un GLP-1 avec le bimagrumab pour préserver les muscles ?

C'est exactement ce que teste un essai clinique en cours au Massachusetts General Hospital : l'association tirzépatide + bimagrumab (essai NCT05933499). L'objectif est de mesurer si le bimagrumab peut protéger la masse musculaire pendant la perte de poids rapide induite par le tirzépatide. En avril 2026, le bimagrumab n'est pas commercialisé et n'est disponible que dans le cadre d'essais cliniques. Si les résultats sont positifs, cette association pourrait devenir un standard de traitement pour les patients qui perdent beaucoup de poids rapidement et qui risquent une fonte musculaire[1].

Sources

  1. Lempesis IG, Dalamaga M. « Obesity pharmacotherapy reimagined: The era of multi-receptor agonists and next-generation metabolic modulators, perspectives and controversies ». Metabolism Open, mars 2026. DOI : 10.1016/j.metop.2026.100463 — PMID : 41948476

Avertissement médical : cet article est publié à titre informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Consultez votre médecin avant de modifier ou d'arrêter un traitement.